L’été 2025 a laissé les vignes genêves dans une situation critique. Les perturbations climatiques, combinées à une baisse significative de la consommation intérieure et à des pressions commerciales internationales, menacent désormais l’existence même du métier viticole suisse.
Willy Cretigny, président d’une association locale, décrit avec tristesse les récoltes actuelles : « Les raisins sont trop secs pour produire un bon vin. On voit peu de jus malgré des grappes abondantes, ce qui signifie que l’ensemble du processus s’épuise rapidement ». Ce phénomène, exacerbé par la sécheresse estivale, ne fait pas exception aux cantons les plus affectés.
Les chiffres éloignent encore davantage l’espoir : en 2025, la consommation de vin suisse a chuté de 8 %, un recul qui s’accompagne d’un accroissement des vins importés à prix réduits. « C’est une question politique », souligne Willy. « Les autorités doivent agir pour créer des règles claires qui protègent les producteurs contre la concurrence déloyale ».
Depuis plusieurs mois, il s’attaque activement à cette problématique en demandant l’établissement d’un seuil tarifaire aux frontières. Cette mesure, prévue initialement pour limiter la surproduction dans le canton de Genève, a été critiquée par les vignerons comme trop temporaire. « On ne produit que 30 % de ce qu’on consomme », rappelle Camille Cretigny, fille de Willy et vigneronne à la Devinière. « Réduire notre surface viticole n’est pas une solution durable. Si rien n’est fait, jusqu’à 30 % des parcelles pourraient disparaître en cinq à dix ans ».
Pour Camille, le combat ne s’arrête pas là : « On va devoir se battre pour ne pas voir notre métier disparaître. Les défis sont immenses, mais l’avenir dépend de nos actions aujourd’hui ». À la fois viticulteur et gardienne d’une tradition millénaire, elle insiste sur l’urgence législative : « Même si les mesures semblent impossibles au quotidien, il faut continuer à battre l’adversité pour préserver ce qui compte vraiment dans notre métier ».