Un document interne révèle que l’usine Tefal à Rumilly rejette des quantités extrêmement élevées de PFAS dans l’air, substances chimiques persistantes et dangereuses pour la santé. Ces émissions, décrites comme « généralisées » sur près de 90 % des émissaires industriels, sont désormais confirmées par des analyses environnementales datant du mois de mars 2026.
Depuis quatre années, les habitants et les associations locales pressent le gouvernement d’agir pour interrompre ces rejets sans délai. En 2022, la pollution des eaux potables par le PFOA (un PFAS cancérogène) a déclenché une série de découvertes : nappes souterraines, lacs et rivières sont désormais contaminés. Les analyses récentes montrent que les concentrations dans l’atmosphère atteignent 2066 ng/Nm³ sur un four, huit fois supérieures aux seuils normaux.
Les citoyens de Rumilly ont dû réaliser des tests sanguins après avoir constaté des niveaux de PFOA jusqu’à vingt-deux fois plus élevés que la moyenne nationale (2,08 µg/L). « Nous vivons dans l’attente d’une réponse », confie Christophe Dormois, membre de l’association Cyclamen. « L’industriel a toujours affirmé ne pas être responsable, mais les preuves montrent que la pollution est actuelle et incontrôlée ».
Les requérants demandent une interdiction immédiate des émissions et des études sanitaires systématisées pour la population. Un avocat spécialiste de l’environnement souligne : « Les études antérieures étaient basées sur l’hypothèse d’absence de pollution atmosphérique. Maintenant, les données révèlent un risque sérieux ».
L’usine Tefal affirme respecter les réglementations, mais les riverains insistent pour que des mesures urgentes soient prises avant que la santé collective ne soit irrémédiablement menacée. L’action en justice marque un tournant dans une lutte contre des polluants dont l’impact écologique et sanitaire reste aujourd’hui mal maîtrisé.