Un sentiment d’épuisement soudain, une perte d’engagement et des difficultés à retrouver le rythme quotidien peuvent marquer chaque année l’arrivée des premières semaines scolaires ou professionnelles. Ce phénomène, souvent appelé « déprime post-vacances », est bien plus fréquent que ce que l’on croit, selon Delphine Py, psychologue spécialiste de la santé mentale basée à Clermont-Ferrand.
« Cette phase n’est pas une simple fatigue temporaire », explique-t-elle. « Elle reflète un déséquilibre entre le rythme vécu pendant les vacances et celui du quotidien, avec des symptômes comme l’anxiété liée à la reprise ou un manque de motivation pour affronter les nouvelles échéances. »
L’expertise de Delphine Py révèle que cette transition est souvent due à une rupture trop brutale dans le cycle de sommeil et d’éveil. « L’été encourage des horaires plus flexibles, tandis que la rentrée impose un rythme strict », souligne-t-elle. Les personnes qui ont habituellement besoin de dormir tard ou se réveiller tôt sont particulièrement vulnérables à ce phénomène.
Pour éviter que cette déprime ne s’aggrave, elle propose plusieurs stratégies :
1. Adaptation progressive : Commencer par ajuster les horaires de sommeil et d’éveil de façon douce, plutôt que de les modifier brusquement.
2. Prioriser la récupération : Allouer du temps pour se reposer, même en période de travail ou d’études.
3. Fixer des objectifs positifs : Placer l’attention sur des projets concrets ou des vacances futures pour maintenir un sentiment de perspective.
4. Modifier les pensées négatives : Éviter les répétitions comme « je suis en retard » ou « c’est fini », et se concentrer sur les bénéfices de la reprise, tels que retrouver des collègues ou des projets passionnants.
5. Identifier les signes d’alerte : Si l’état persiste plus de trois semaines, il est essentiel de consulter un professionnel pour éliminer toute cause pathologique.
« La clé est de ne pas chercher à « remettre tout en place » rapidement », conclut Delphine Py. « L’objectif n’est pas d’éviter la transition, mais de la rendre plus fluide et sereine, pour que chaque rentrée soit une opportunité de progrès, plutôt qu’une source de stress. »