À Raulhac, un village du département du Cantal, l’année scolaire s’est transformée en une épreuve inédite. Alors que neuf enfants étaient initialement inscrits, seuls deux ont intégré leurs classes en moyenne section. Cette situation rare laisse les 290 résidents sans voie claire pour préserver leur école.
« L’école de Raulhac était autrefois vibrante : avec des classes nombreuses, des enseignants et même une cantine pour les enfants. Aujourd’hui, c’est l’abandon total », confie un habitant cherchant à éviter la désillusion.
Les commerces locales en subissent le poids. Myriam Lopes, épicière du village, explique : « Les mères venaient prendre leur café le matin et les enfants accompagnaient leurs parents pour acheter des bonbons ou des fruits. Depuis que l’école compte moins de deux élèves, notre commerce a perdu sa clientèle. »
Le buraliste Fabrice partage cette préoccupation : « J’ai d’abord cru que l’école allait être fermée définitivement. Mais le maire s’est battu pour la maintenir ouverte. C’est une décision essentielle, car fermer et réouvrir est trop coûteux. »
Cette année, neuf enfants devaient suivre les cours en classe unique, mais plusieurs familles ont demandé des exceptions durant l’été pour éviter des effectifs trop faibles. Malgré le refus initial du maire de Raulhac, deux enfants ont été transférés dans d’autres écoles voisines.
« On ne peut pas laisser les écoles monoclasses disparaître en France », souligne une source locale. « L’abandon de villages comme Raulhac est inacceptable. »
Le maire a également intenté un recours administratif pour contester le départ des deux élèves. Malgré le très faible nombre d’enfants, il s’est engagé à maintenir l’école ouverte en attendant trois nouveaux élèves prochainement.