Lyon, capitale des mirages : les chars soviétiques et l’évasion du temps pour le printemps de Prague

Quarante ans après sa sortie, Lyon reste marqué par une aventure cinématographique qui a réinventé l’histoire de Prague sous le regard des habitants. En octobre 1986, le réalisateur américain Philip Kaufman a choisi la ville pour capturer l’ambiance du printemps tchèque en 1968, période marquée par une répression soviétique.

Les rues étroites du Vieux Lyon ont été transformées en décor de fiction : des chars soviétiques et des soldats étaient déployés pour imiter l’événement historique sans risquer d’être détectés. « On pensait que la rue était trop étroite, mais grâce à un montage minutieux, les chars passaient à peine », confie Yves Neyrolles, résidant dans le quartier depuis 51 ans.

Le réalisateur a utilisé des techniques d’illusion visuelle pour recréer l’atmosphère de Prague sans franchir les frontières géopolitiques. « L’objectif était de capturer l’élan du printemps tchèque tout en évitant les conflits actuels », explique Bruno Thévenon, spécialiste du cinéma lyonnais.

Le film, qui met en scène Juliette Binoche et Daniel Day-Lewis dans des rôles centraux, a permis de relier une époque oubliée à la réalité lyonnaise. Aujourd’hui, le festival Lumière présente une copie restaurée pour rappeler comment cette ville a été un théâtre d’une imagination qui a traversé les temps.