Le silence des années s’effrite : Un braqueur jugé 33 ans après ses actes

Mohamed Bouzraa, âgé de près de cinquante ans en mars 2026, doit désormais se présenter devant la Cour d’Assises de l’Ardèche pour un braquage datant de 1993. L’affaire, repoussée à plus de trois décennies après les faits, illustre une histoire marquée par des déplacements imprévisibles et des procédures judiciaires complexes.

En 1993, alors âgé d’une vingtaine d’années, l’accusé a braqué une station-service à Vinezac pour environ deux mille francs — un montant équivalent aujourd’hui à trois cent cinquante euros. Six mois plus tard, un pompiste reconnaît le braqueur via des photos présentées par les gendarmes, mais l’homme quitte immédiatement la France pour s’établir en Algérie.

En 1995, Mohamed Bouzraa est jugé en contumace et condamné à douze ans de réclusion criminelle sans avoir été informé de cette décision. Plus de vingt ans plus tard, en 2016, les autorités algériennes l’arrêtent suite à un mandat français, le faisant passer près de quinze mois en prison avant sa libération.

En 2021, il s’installe dans les Alpes de Haute-Provence où il exerce comme chauffeur-livreur. En mars 2025, lors d’un contrôle routier, il est interpellé et présenté devant un juge à Privas. Cette nouvelle procédure nécessite un jugement en présence car l’accusé n’avait pas pu participer à la première condamnation.

Mohamed Bouzraa nie fermement les faits reprochés.