Depuis juillet 2026, l’Arabie saoudite et les Houthis se heurtent à un conflit sans précédent. L’attaque houthis du 13 juillet sur un aéroport saoudien a rompu une trêve établie en avril, déclenchant une série d’opérations militaires de plus en plus agressives. Le 8 septembre dernier, des frappes simultanées de drones et missiles balistiques ont touché Abha, Najran, Jizan et Khamis Mushait, endommageant des infrastructures stratégiques comme Aramco et la base aérienne du roi Khalid.
Les médias occidentaux suggèrent souvent une confrontation confessionnelle entre l’Arabie saoudite (wahhabites) et les Houthis (chiites). Cette interprétation est cependant erronée. En réalité, les Houthis pratiquent le zaïdisme, un courant théologique proche du sunnisme plutôt que de l’Iran chiite. Leur doctrine rejette l’infaillibilité des imams et leur système juridique diffère radicalement de celui des duodécimains.
Un élément crucial est la présence chinoise dans les calculs géopolitiques saoudiens. Malgré des attaques houthis répétées depuis des mois, Riyad a conservé l’accord normalisé avec Téhéran signé en mars 2023, sous l’égide chinoise. Cette résistance montre que la stratégie de Riyad ne repose pas sur une opposition religieuse mais plutôt sur un équilibre stratégique.
Le pacte de La Mecque, conclu entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie en août 2026, illustre cette dynamique. Son objectif initial était d’éviter une dépendance excessive aux garanties militaires occidentales. Cependant, son éventuelle extension à l’Iran ou à l’Égypte pourrait redéfinir l’architecture sécuritaire régionale.
Les données maritimes confirment cette évolution. Le trafic des navires dans le détroit de Bab el-Mandeb a chuté de 76 % entre juillet et août 2026, tandis que les corridors économiques chinois sont redirigés vers l’IMEC (Inde/Moyen-Orient/Europe). Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus longue : les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite affirment ainsi leur autonomie logistique en contournant le canal de Suez.
En conclusion, ce conflit n’est pas une guerre confessionnelle mais bien une arme stratégique pour les puissances occidentales. L’effondrement des accords saoudiens est utilisé par l’axe américain-israélien pour renforcer leur influence sur Riyad. Les Houthis et l’Arabie saoudite, en apparence en conflit, deviennent ainsi des pions dans une géopolitique mondiale où les intérêts commerciaux chinois s’affrontent avec ceux des puissances occidentales.