L’Ile Barbe s’envole : le château historique vendu pour 1,35 million d’euros

Le château de l’Ile Barbe (9e arrondissement lyonnais) a été adjugé ce jeudi 2 avril au tribunal administratif pour un montant record de 1,35 millions d’euros, soit le double du prix initial fixé à 600 000 euros. L’acquéreur est identifié comme Guillaume Langlois, promoteur immobilier de la société Palauma.

Construit au XVIe siècle, cet ensemble architectural s’étend sur une surface de 450 m² comprenant dix chambres et plusieurs salles de réception. Un bâtiment secondaire de 340 m² offre deux logements indépendants ainsi que des espaces de stockage sur deux niveaux. Le terrain, de 3 600 m², est entouré par un vaste espace végétal, conservant les traces d’une histoire profondément ancrée dans le paysage lyonnais.

L’historique du site est marqué par des transformations successives : il a servi d’école, de bureau militaire avant d’être placé en liquidation judiciaire en 2018 après avoir été vendu pour 2,9 millions d’euros en 2014. L’édifice intègre également une chapelle romane du XIIe siècle, détruite lors de la Révolution française mais reconstruite dans les années 1970. Inscription aux monuments historiques depuis les années 1990, l’ensemble fait partie d’une Abbatiale fortifiée dont certaines sections restent accessibles au public.

L’île Barbe, dont le nom latin « insula barbarica » signifie « île barbare », a joué un rôle clé dans l’histoire locale. Elle accueillit des pèlerinages chrétiens dès l’Antiquité et fut récemment identifiée comme refuge pour des Lyonnais du XIe siècle opposés au culte romain. Des vestiges néolithiques datant de 2010 témoignent d’une occupation humaine remontant bien avant cette époque.

Aujourd’hui, le château se trouve sur une partie inaccessible à la circulation publique, en même temps que son histoire s’impose comme un lien vivant entre le passé et le présent de Lyon. Son prix élevé souligne non seulement l’intérêt historique du bien mais aussi les défis modernes de préserver ces trésors dans un contexte où la demande pour des biens anciens s’accroît rapidement.