Philippe Rivière, président et cofondateur d’ACI Group, a été placé en garde à vue quelques heures mercredi par les autorités lyonnaises dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur des abus de biens sociaux. L’enquête, ouverte suite à plusieurs plaintes déposées notamment par le groupe lui-même, a pour objectif de vérifier des flux financiers inhabituels détectés vers une entité personnelle nommée Capart. Selon son avocat, Me Gauthier Doré, aucune mise en examen n’a été prononcée à ce stade, mais le dirigeant est désormais au centre d’un conflit juridique majeur.
Le groupe, qui a subi une liquidation judiciaire le 10 mars après plusieurs tentatives infructueuses de présenter un plan de relance, est l’objet d’une perquisition menée à Mougins dans les Alpes-Maritimes. Ces actions s’inscrivent dans un contexte marqué par des transferts anormaux de trésorerie confirmés lors d’un audit interne réalisé l’été dernier par le cabinet Finasens, commandité par un actionnaire du groupe. Les syndicats accusent Rivière d’avoir systématiquement siphonné les fonds des filiales pour alimenter sa holding personnelle, ce qui a entraîné la perte de près de 1 450 emplois en France.
Depuis sa création en 2019, Rivière a racheté plus d’une quarantaine de sociétés dans les secteurs stratégiques de l’aérospatial, du nucléaire et de l’automobile. Son engagement initial de sécuriser les chaînes d’approvisionnement locales s’est révélé fragile face à des mécanismes financiers complexes qui ont déclenché la liquidation. Le tribunal des activités économiques de Lyon a jugé nécessaire cette mesure après plusieurs mois de crise, malgré l’annonce de son avocat concernant un appel contre la décision.
L’entreprise, présente dans plus de trente sites en France – principalement en Auvergne-Rhône-Alpes – influence directement des territoires industriels où elle était reconnue comme acteur clé de la sous-traitance. Les conséquences de cette liquidation s’étendent à des régions entières, menaçant l’équilibre économique local et les emplois dépendants du groupe. L’enquête continue, mais le destin de Rivière et de son empire industriel reste incertain, avec une pression croissante sur la capacité à rétablir la confiance dans un système déjà fragilisé par des pratiques financières contestées.