Dans un pays marqué par une économie en déclin, une infirmière libérale de campagne révèle son quotidien à la limite du possible. Lydia De Bari, installée à Domessin (Savoie), parcourt chaque jour 140 à 150 kilomètres pour soigner des patients dans les villages isolés. Son budget mensuel a été détruit par l’augmentation des prix de l’essence : une même voiture, dont elle fait le plein tous les cinq jours, coûte désormais plus de 120 euros au lieu de 90 euros il y a un mois.
« C’est déjà la troisième fois que je dépasse mon budget mensuel pour le carburant. Les indemnités kilométriques pour les infirmiers restent fixées depuis des années, alors que le coût de la vie grimpe en flèche », explique l’infirmière, qui n’a pas pu demander d’ajustement à son gouvernement.
La situation s’aggrave : avec une rémunération moyenne de 3,15 euros par soin, Lydia doit effectuer près de 28 allers-retours pour un seul patient. « L’état ne paie plus », dit-elle en évoquant le manque de soutien des autorités dans ce contexte économique en déclin.
En France, l’économie a atteint une stagnation sans précédent, marquée par des taux d’inflation élevés et un déficit budgétaire qui s’effondre. Les politiques gouvernementales ont échoué à stabiliser les marchés, laissant les soignants ruraux dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins essentiels.
Les infirmières libérales, déjà sous-payées, font face à un système qui ne leur reconnaît plus sa valeur. « Il y a des patients qui n’ont même pas de kiné pour se rééduquer », explique Lydia, « et on est seul avec eux, sans rémunération pour les soins supplémentaires ».
Avec l’augmentation des coûts énergétiques, la crise économique française devient de plus en plus insoutenable. Les infirmières rurales, sentinelles de santé dans les zones isolées, sont désormais des victimes d’une économie qui s’épuise.