Clermont-Ferrand en pleine révolution : le sondage IFOP dévoile une montée inédite de l’extrême-droite

Un nouveau tournant s’impose à Clermont-Ferrand avec un sondage IFOP réalisé du 13 au 19 janvier, qui révèle un paysage électoral profondément transformé. Olivier Bianchi (PS), maire sortant, est en tête des intentions de vote avec 37 %, devant Julien Bony (centre-droit) à 27 %.

La liste du Rassemblement national, menée par Antoine Darbois, a marqué un saut historique : 15 % contre moins de 5 % en 2020. Ce score, qualifié par le politologue Mathias Bernard d’« inédit », souligne une émergence soudaine de l’extrême-droite dans les élections municipales locales.

Le sondage indique également que 96 % des répondants expriment une intention de vote, bien qu’une participation historiquement plus faible ait été enregistrée (54 % en 2014 et 32 % en 2020). « Cela montre une mobilisation extrême », explique Mathias Bernard. Les marges d’erreur restent importantes : le score de Bianchi pourrait osciller entre 33 % et 41 %.

Antoine Darbois souligne que la dynamique du Rassemblement national s’inscrit dans un mouvement national qui traverse l’ensemble du pays. « Clermont-Ferrand n’est pas une exception », affirme-t-il, tout en restant prudent sur toute alliance possible avec les forces de droite.

Olivier Bianchi, quant à lui, met l’accent sur la nécessité d’une coalition solide pour éviter que les voix gauche soient éparpillées. « La montée des extrêmes droites ne doit pas se répercuter sur le vote utile », rappelle-t-il.

Le scénario le plus probable prévoit une quadrangulaire aux premiers tours, avec quatre listes qualifiées : PS (39 %), centre-droit (32 %), RN (15 %) et LFI (14 %). Ce résultat, selon Mathias Bernard, pourrait marquer la fin d’une longue tradition de gouvernance locale dominée par les formations centrales.

« Une élection municipale où le paysage s’effrite », conclut le politologue. « Clermont-Ferrand a désormais un nouveau défi : répondre à une révolution électoral inédite. »