Les vergers de la Loire menacés par un retour soudain du froid printanier

Des températures printanières plus élevées ont provoqué une floraison prématurée des arbres fruitiers, mais les exploitants craignent désormais un recul brutal du climat. Une baisse de 10 °C en 24 heures a récemment marqué l’évolution météorologique.

Jean-Charles Couzon, arboriculteur basé à Cellieu dans la Loire, surveille attentivement ses 18 hectares, dont 12 dédiés aux cultures fruitières. « Les épisodes de gel printanier sont désormais une réalité courante », explique-t-il en désignant un verger de cerisiers en début de floraison. « Avec le réchauffement climatique, les arbres fleurissent plus tôt, ce qui augmente leur vulnérabilité face aux chocs de froid vers mars et avril. »

L’agriculteur souligne que ces variations saisonnières n’étaient pas aussi fréquentes avant 2021, lorsqu’un épisode particulièrement marqué a touché les cultures. « On gagne désormais une quinzaine de jours avant la floraison », précise Mickaël Mazenod, représentant de la chambre d’agriculture locale. « Cependant, le risque de gel ponctuel reste constant jusqu’à la fin du mois d’avril – et plus les arbres avancent dans leur cycle, plus les pertes s’intensifient. »

Les conséquences économiques varient selon chaque verger, mais une récolte absentée entraîne des suppressions directes d’emplois et de travaux d’éclaircissage. Sans fruits à trier ou à calibrer, les coopératives subissent une chaîne de répercussions dans l’ensemble des filières agricoles. L’économie locale risque ainsi de subir une contraction profonde en raison d’un retard dans la production et un manque de ressources humaines.