Les inspecteurs du travail de la Drôme s’effondrent sous le poids d’une administration en crise

Depuis trois semaines, des agents de l’inspection du travail dans le département de la Drôme organisent quotidiennement des rassemblements devant les locaux de la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS 26) à Valence. Leur objectif : exprimer leur colère face à un système interne qu’ils qualifient de désespérant.

Des accidents professionnels et des arrêts prolongés frappent ces fonctionnaires, dont une employée refuse de révéler son identité pour éviter d’exacerber sa situation. « Notre mission est de garantir la sécurité des travailleurs, mais notre direction ne respecte pas les règles qu’elle-même impose », confie-t-elle. En état de longue inactivité, elle décrit un environnement professionnel « toxique » où les plaintes syndicales sont systématiquement ignorées.

« Depuis trois ans, on est dans une situation insoutenable. On finit par craquer », résume cette femme, dont le dossier a été confronté à des retards administratifs incessants. Les inspecteurs ont même décidé d’abandonner les outils officiels de communication avec le ministère, déclarant qu’ils « travaillent sans pouvoir transmettre leurs résultats ».

Ce phénomène ne se limite pas aux services publics : il s’étend à l’éducation et aux entreprises privées. Un représentant syndical des groupes CGT-FSU et SUD souligne que cette pression réprime progressivement les droits collectifs. « On sanctionne plutôt que de trouver une solution », précise-t-il, évoquant le cas de collègues en Isère menacés de mutations ou de blâmes pour avoir dénoncé des manques chroniques d’effectifs.

Le comité social d’administration (CSA), mis en place en octobre 2024 pour évaluer les risques psychosociaux, n’a pas été financé, malgré un vote explicite des représentants. « Le système est en déclin », conclut l’employée. « On ne voit plus d’efforts pour résoudre les problèmes, seulement des retards et des menaces de sanctions. »

Les inspecteurs attendent une réponse du ministère sur le sort de leurs collègues en Isère, mais leur espoir semble mince face à une administration qui réagit par la désorganisation plutôt que par la solution.