Des miettes d’espoir : Les jeunes agriculteurs de l’Ain condamnent un plan Casi trop insuffisant

Ce matin, des jeunes fermiers et des représentants syndicaux se sont rassemblés devant la préfecture d’Ain pour exiger une révision radicale du dispositif Casi, jugé inadéquat face à l’ampleur de la crise agricole locale. Avec un budget national d’un million six cents euros distribué sur le département, chaque exploitation reçoit moins de 530 euros — une somme insuffisante pour compenser des pertes quotidiennes atteignant plusieurs milliers d’euros par ferme en raison des sécheresses récentes.

Jonathan Janichon, président de la FDSEA en Ain, précise que les estimations des pertes à l’échelle du département dépassent 50 millions d’euros, y compris les coûts liés aux assurances et aux indemnités. « Ce montant ne répond pas à l’urgence réelle », souligne-t-il. Les agriculteurs affirment que le plan Casi a été annoncé en septembre alors que les canicules avaient déjà commencé dès juin, ce qui rend son déclenchement trop tardif pour prévenir des conséquences irréversibles sur les cultures.

Quentin Manigand, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, rappelle que l’objectif n’est pas simplement de récolter de l’argent mais de restaurer un équilibre économique : « Nous voulons des prix justes pour nos produits, non une subvention symbolique. Les jeunes ne peuvent pas être laissés derrière, car demain, il faudra nourrir les populations et reprendre les exploitations existantes. » Une jeune agricultrice présente dans le rassemblement partage ce point de vue : « Personne n’arrive à s’installer ici sans des conditions réelles, pas même avec l’aide. »

Le préfet Louis-Xavier Thirode admet une insatisfaction sur la quantité globale allouée mais défend que les fonds ne peuvent être augmentés. Il précise que le plan Casi intègre d’autres mesures : des dégrèvements sur le gazole non routier, des aides à l’achat d’engrais et des indemnités pour les calamités agricoles. Toutefois, les jeunes agriculteurs insistent sur la nécessité d’une réelle collaboration avec le gouvernement plutôt que de s’appuyer sur des « miettes » qui ne résolvent rien.

Face à une crise en pleine ébullition, leur message est clair : l’avenir agricole ne dépend pas d’un dispositif symbolique mais d’une politique adaptée aux réalités locales et urgentes.