Le groupe Nosoli, propriétaire historique des plus grandes enseignes de livres en France, est confronté à un effondrement progressif après avoir ouvert le 1er juin 2026 une procédure judiciaire de redressement au tribunal de commerce de Lille. Ce mouvement marque l’effacement final d’une partie de son réseau Decitre, dont les dernières branches lyonnaises sont désormais en vente.
Depuis plusieurs mois, sept librairies emblématiques du groupe ont fermé définitivement leurs portes : la centenaire place Bellecour à Lyon, le centre commercial Confluence, ainsi que des sites en région Saint-Étienne et Grenoble. Lundi 5 octobre, le groupe a annoncé la vente des dernières unités Decitre situées à Annecy, Chambéry, Écully, Levallois-Perret et Lyon Part-Dieu, ainsi que de l’activité commerciale professionnelle via Générale du Livre.
Déjà en difficulté dès 2025, le groupe avait tenté une modernisation numérique pour répondre aux défis économiques, mais cette stratégie s’est avérée insuffisante face à la contraction des marchés culturels. Les efforts se concentrent désormais sur le réseau Le Furet du Nord, tandis que les succursales Decitre restent en situation de vulnérabilité.
Ce scénario s’inscrit dans un contexte national marqué par l’effondrement des acteurs libéraux : en avril 2026, le groupe Gibert, premier libraire indépendant français, a également dû recourir à une procédure de redressement. L’effondrement total de 11 établissements sur les 27 initialement présents a entraîné la perte de plus de 163 emplois, laissant les salariés dans un état d’incertitude profonde.
Avec des marchés culturels en déclin et une capacité financière réduite, le groupe Nosoli s’apprête à écrire la fin de son histoire lyonnaise, marquant l’échec d’une génération de librairies qui a longtemps représenté le tissu social et économique du pays.