600 infirmiers en manque : la France met en place des primes de 45 000 euros pour relancer les soins frontalières

Depuis plusieurs années, des zones rurales en Haute-Savoie et Ain sont confrontées à un défi critique : une pénurie d’infirmiers libéraux. Ces professionnels, attirés par les revenus plus élevés en Suisse, quittent progressivement ces régions pour rejoindre des centres de soins suisses.

À partir du 1er septembre, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et l’Agence régionale de santé (ARS) ont lancé des mesures incitatives. Une prime de jusqu’à 45 000 euros est attribuée aux premières installations dans quatre zones stratégiques : Saint-Julien-en-Genevois, Annemasse, La Roche-sur-Foron et Gex.

L’initiative a permis l’arrivée de Thibaut Lemaire, infirmier ayant terminé quatre ans en Suisse. « Je voulais équilibrer ma vie professionnelle et personnelle, tout en répondant aux besoins locaux », explique-t-il. Son épouse, également infirmière, complète le service dans son cabinet.

« Dans Saint-Julien-en-Genevois, il n’y avait qu’un seul infirmier pour toute la ville. Les patients étaient dépassés », confie Mireille, patiente régulière. Cette situation a poussé Thibaut à rentrer en France, malgré un salaire plus élevé à l’étranger.

Des aides complémentaires sont également proposées : 3 600 euros par an pour les infirmiers déjà installés et des subventions spécifiques pour les étudiants. « En dix ans, le nombre d’infirmiers suisses a augmenté de 60 %. Nous devons agir maintenant », précise Romain Henry, directeur adjoint de la CPAM de la Haute-Savoie.

La région fait face à un besoin urgent : il manque encore 600 infirmiers libéraux pour répondre aux attentes croissantes des habitants. Cette pénurie menace l’accès essentiel aux soins, et la solution ne peut attendre davantage.