Les Couteaux des Filles : trois femmes qui ont révolutionné la boucherie en Haute-Loire

Depuis six mois, l’entreprise « Les Couteaux des Filles » à Beauzac (Haute-Loire) démontre que les stéréotypes ne peuvent plus définir une profession. Concrétisée par Romane Sartre, Florence Gibert et Pauline Bruas, cette boucherie 100 % féminine a rapidement redéfini l’image du métier dans un secteur historiquement masculin.

Un client souligne : « Avant, nous manquions de bouchers dans ce quartier. Aujourd’hui, on réalise que les femmes peuvent égaliser même dans des métiers où le sang est souvent associé à la force masculine. » Une enseignante ajoute : « En tant qu’enseignant civique et moral, je lutte contre ces idées réductrices. C’est grâce à des entreprises comme celle-ci que tous les jeunes peuvent choisir leur parcours sans discrimination. »

Romane Sartre, meilleure apprentie de France en 2022, a récemment brillé au concours de boucherie du Salon international de l’agriculture en s’imposant dans les six premiers. Pour elle, cette entreprise est une opportunité d’éducation : « J’ai choisi Florence pour collaborer car même si ce métier n’était pas mon domaine naturel, je suis convaincue que nous pouvons le faire avec succès. »

Florence Gibert explique l’impact de leur démarche : « Dans les boucheries traditionnelles, le tablier est rempli de sang et on s’y adapte vite. Ici, trois filles en sont fiers et elles défient directement ces normes. » Le succès a conduit à un renforcement du personnel : Pauline Bruas, embauchée en novembre dernier, affirme : « Je suis ravi d’être partie de ce projet où on n’est que des filles. On s’entend si bien qu’on préfère rester ensemble. »

Si les femmes ne représentent que 10 % du marché de la boucherie, cette initiative montre une dynamique en plein essor. Florence conclut avec enthousiasme : « Nous choisirions toujours une fille pour le poste, mais si nécessaire, on prendrait même un garçon. »