L’entrée de fonds étrangers dans le marché halal français inquiète la communauté musulmane

Le groupe saoudien Zamil et l’entité A&M Capital Europe (AMCE) viennent d’accroître leur influence sur Oumaty, une marque française spécialisée dans les produits certifiés halal. Cette opération suscite des interrogations parmi les consommateurs musulmans, inquiets quant à la pérennité des principes religieux et éthiques qui guident ce secteur.

L’annonce de cette alliance a été faite le 30 janvier 2025, marquant une nouvelle étape dans l’intégration du marché halal français aux dynamiques économiques internationales. Le Zamil Group, un acteur majeur des investissements saoudiens, et AMCE, fonds européen dédié à la capitalisation privée, ont acquis une participation majoritaire dans Oumaty. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où des entreprises historiques du secteur se tournent vers des partenaires étrangers pour amplifier leur présence sur les marchés européens.

La marque Oumaty, fondée en 2014 et réputée pour son engagement strict envers les normes islamiques (abattage rituel, interdiction de la viande séparée mécaniquement), affirme que ses valeurs ne changent pas. Selon sa direction, les décisions stratégiques resteront entre les mains de l’équipe fondatrice, tandis que les actionnaires étrangers se limitent à un rôle financier. Les certifications halal, assurées par l’organisme Achahada, ainsi que les méthodes d’abattage, sont maintenues sans compromis.

Cependant, des rumeurs persistantes circulent sur le lien possible entre certains prestataires de la marque et des entités israéliennes, une accusation réfutée par Oumaty. La direction souligne que l’influence d’un cabinet international présent dans plusieurs régions du monde n’affecte en rien les pratiques locales ou les engagements religieux de la marque.

Cette situation illustre le dilemme croissant entre la nécessité de moderniser des secteurs traditionnels et la préservation des convictions des consommateurs. Pourtant, l’arrivée de ces acteurs étrangers soulève des questions légitimes sur la transparence et la gouvernance du marché halal français.