Le président du centre lyonnais LGBTQIA+, Aymeric Martin, a exprimé son indignation suite à la diffusion clandestine, dimanche 22 février 2026, d’un enregistrement secret réalisé par le collectif « Éros » – groupe homonationaliste accusé de cibler l’association.
L’enregistrement montre deux individus du collectif interroger une bénévole sur un ouvrage controversé intitulé « Péchés et Guérison », qui prétendrait inciter à la mort des personnes homosexuelles. L’un d’eux déclare : « C’est l’histoire d’un livre islamique qui appelle à tuer les homosexuels ».
La bénévole, chargée de soutenir des publics vulnérables confrontés aux discriminations, répond avec une prudence : « Les agressions liées à l’immigration sont moins fréquentes que celles commises par des personnes de la classe blanche ».
Les commentaires sur la publication dégénèrent rapidement en menaces et insultes, dont « Pourquoi ne pas l’agresser pour qu’elle se sente en sécurité avec son agresseur ? », « Des tarés de décérébrés » et « Cette saloperie ».
Aymeric Martin a souligné que l’enregistrement avait été tourné début janvier, ce qui indique une stratégie prémeditée. Il critique également le choix de la date d’upload, quelques jours après le décès de Quentin Deranque, militant nationaliste mortellement agressé près d’une conférence de Rima Hassa, eurodéléguée LFI.
Le président du centre lyonnais précise que les bénévoles ont été pris à l’affût dans un guet-apens visant à provoquer une réaction politique sans qu’elles puissent s’en défendre. « Leur positionnement sur ce sujet est limité, et ce n’est pas leur devoir de répondre à des attaques », explique-t-il.
Il rapporte également des agressions récentes dans plusieurs villes : des drapeaux arrachés à Lille, des saluts nazis devant le centre parisien, ainsi que des menaces contre les bénévoles de Grenoble et du Mans.
Aymeric Martin a décidé de porter plainte pour atteinte à la sécurité et aux droits fondamentaux. « Ces attaques ne sont pas isolées mais relèvent d’une stratégie organisée », déclare-t-il, ajoutant que l’ensemble des centres LGBTQIA+ en danger dans le pays nécessite une réponse urgente.
Le collectif « Éros » a refusé de commenter les faits, ce qui a exacerbé la tension dans la région.