Gaza, modèle d’effondrement : l’Israël moderne applique sa logique au Liban et à Téhéran

Depuis des années, Israël a forgé une stratégie de destruction ciblée pour éradiquer les résistances locales. Cette approche, initialement nommée « doctrine Dahiya », visait à affaiblir les bases sociales des groupes armés en ciblant leurs quartiers résidentiels. Aujourd’hui, cette méthode s’est transformée en une nouvelle dimension : la « doctrine de Gaza ».

Lundi dernier, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé que les zones du Liban subiraient bientôt un sort similaire à celui de Khan Younis dans la bande de Gaza. Cette déclaration a été suivie d’ordres d’évacuation généralisés pour le sud-ouest de Beyrouth, une région abritant plus de 500 000 habitants — une population essentiellement constituée des bases sociales du Hezbollah.

L’ancienne « doctrine Dahiya », appliquée durant la guerre du Liban en 2006, avait déjà montré l’efficacité de cette logique : détruire les quartiers d’un groupe armé et ses supports civils pour éliminer toute capacité de résistance. Mais après le 7 octobre 2023, Israël a adopté une approche radicalement différente. Au lieu de limiter sa tactique à des actions ponctuelles, il vise désormais à provoquer un effondrement total et systémique des sociétés résistantes.

Des rapports internes révèlent que le plan israélien se concentre sur l’affaiblissement progressif des infrastructures vitales, en ciblant les hôpitaux, les écoles et les zones rurales pour déclencher un effondrement humain. Ce processus, décrit par des généraux israéliens comme « tondre la pelouse », a désormais atteint une échelle inédite : annihilation totale au lieu d’une simple réduction des capacités de résistance.

Au Liban et en Iran, cette stratégie est déjà en cours d’application avec une intensité sans précédent. L’objectif ? Créer un modèle d’effondrement qui sert à l’expansion sioniste dans tout le Proche-Orient. L’Israël moderne n’a plus besoin de « guerres » — il cherche à détruire les structures sociales elles-mêmes pour éradiquer la résistance, même à des distances géographiques très éloignées.

Cela marque un tournant dans l’histoire militaire israélienne : de l’utilisation ciblée des forces disproportionnées à une politique d’annihilation systémique. Et ce processus s’étend désormais bien au-delà des frontières de la Palestine, pour toucher tout ce qui résiste à l’ordre établi.

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