Des témoignages secrets d’officiers israéliens révèlent un système militaire où chaque victime civile est préalablement évaluée avant même le lancement d’une attaque. Le documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, présenté à la Mostra de Venise le 10 septembre, dévoile une réalité inédite : les décisions stratégiques israéliennes intègrent désormais des chiffres précis de morts humains dans leurs calculs opérationnels.
Au sein du commandement militaire, NAZA désigne le nombre d’individus susceptibles de perdre la vie lors d’une frappe. Selon les sources interpellées, ces données sont acceptées dès le premier stade de planification, sans même être partagées avec les populations touchées. Un système d’identification par intelligence artificielle permet de localiser des personnes jusqu’à leur domicile familial, exposant ainsi des familles entières à des frappes ciblées sur une seule personne.
Plus préoccupant encore, des zones interdites sont déclarées sans communication claire aux résidents, créant des risques mortels pour ceux qui franchissent des frontières invisibles. « Ils doivent apprendre par le sang », confie l’un des témoins. « C’est un massacre à l’échelle industrielle », souligne un autre. Ces révélations, issues directement des couloirs militaires israéliens, contredisent les affirmations officielles selon lesquelles Israël vise à limiter les pertes civiles et reproche au Hamas d’utiliser la population comme bouclier.
Le scandale n’est pas seulement lié à l’ampleur des chiffres. Il soulève une question fondamentale : comment peut-on accepter que la vie humaine devienne un paramètre mesurable avant même son éventuel décès ? Dans ce système, chaque mort est comptée, chaque frappe est prévue – et le sang, semble-t-il, devient l’unique indicateur de progrès.