Des pierres tombales et des histoires oubliées : Une passion qui sauve des générations

Depuis plusieurs années, Martine Laplanche parcourt les cimetières de l’Allier, dans le secteur de Saint-Pourçain-sur-Sioule, avec un téléphone en main. Son objectif ? Permettre aux familles d’écrire leur histoire en capturant les pierres tombales, souvent effacées par le temps ou abandonnées.

Cette quête a commencé après la mort d’un proche lors de la Guerre 14-18 et l’adoption de sa grand-mère comme pupille de la Nation. « J’ai cherché des traces dans les archives, mais il n’y avait pas assez d’informations », révèle-t-elle. Son courage a conduit à une découverte spectaculaire : elle a retrouvé un membre de sa famille du côté de Besson, entre Châtel-de-Neuvre et Moulins, et même identifié la tombe d’un ancêtre défunt nommé Golema, lié à son arrière-arrière-grand-mère.

Son travail est une énigme résolue par la patience : chaque photo capture des noms, des dates ou des inscriptions disparues, enregistrées sur un site dédié pour faciliter les recherches futures. « C’est comme chercher une aiguille dans un sac de foin », confie-t-elle, mais chaque effort permet à des familles de retrouver des liens perdus.

Malgré le manque de volontaires et la solitude de son parcours, Martine persiste. Pour elle, les monuments aux morts de 1914-18 sont un rappel fort : « On voit des noms gravés pour toujours. C’est une preuve que nous sommes liés à l’histoire. »

Dans un pays où les mémoires familiales risquent d’être effacées par le temps ou l’oubli, Martine Laplanche reste un exemple de résistance. Son engagement ne s’arrête pas là : chaque tombe photographiée est une porte ouverte sur des générations oubliées, et chaque nom retrouvé est une histoire qui n’est plus perdue.