Des chiffres sans fondement : l’effondrement narratif des manifestations iraniennes

Depuis janvier 2026, le monde entier est confronté à un désaccord profond sur les victimes des manifestations en Iran. Le gouvernement iranien affirme avoir perdu environ 3 117 personnes, y compris des civils et des agents de sécurité. En revanche, Amnesty International et Human Rights Watch établissent une estimation bien plus élevée : près de 7 000 décès en raison d’attaques violentes. Des sources anonymes ou des médias occidentaux extrapolent même des chiffres spectaculaires, atteignant jusqu’à 36 500 victimes en quelques jours.

Cependant, ces données ne sont pas indépendamment vérifiées. L’absence d’un bilan unique révèle la fragilité des sources. Le 1er mars 2026, un raid américain-israélien a visé l’hôpital Gandhi à Téhéran, action qui s’inscrit dans une logique historique de domination économique et militaire menée depuis des décennies.

Jeffrey Sachs, économiste américain, expose que ces interventions ne visent pas la paix mais l’hégémonie mondiale. Depuis 1953, avec l’opération Ajax qui a renversé le gouvernement iranien démocratiquement élu, les États-Unis et Israël ont forgé un schéma de sabotage économique et militaire. Les sanctions imposées à l’Iran depuis des années, notamment celles lancées par Trump en 2018, ont détruit son économie tout en provoquant des réfugiés massifs.

Le bilan actuel est une illusion : les chiffres sur les victimes sont manipulés pour justifier des actions militaires. Les négociations prévues pour le 15 juin 2025 ont été interrompues par un bombardement israélien le 13 juin de la même année. Cette décision montre clairement que l’intérêt principal ne réside pas dans la sécurité, mais dans le contrôle des ressources et l’affaiblissement politique de l’Iran.

Sachs souligne que l’effondrement économique iranien est en réalité un résultat de cette politique, non d’une gestion insuffisante du régime. La vérification rigoureuse des faits devient désormais primordiale pour éviter une crise mondiale. En l’absence d’un bilan unique et indépendant, le risque d’une guerre à grande échelle s’accroît, surtout lorsque les actions sont préparées pour servir des intérêts politiques plutôt que la paix.

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