Quelques jours après la décision d’appliquer provisoirement le Mercosur, les syndicats agricoles cantaliens s’organisent pour mener des actions ciblées. Des mesures visant à influencer directement l’État, les collectivités locales et même le grand public sont envisagées dans les prochaines semaines.
« Lorsque le Parlement européen a déjà formalisé sa démarche devant la Cour de Justice pour cet accord, il est étrange que l’application se produise sans attendre la décision finale. C’est une situation surréaliste qui menace notre mode de vie », explique Stephan Elzière, porte-parole de la Confédération Paysanne 15.
En janvier dernier, plus d’un millier d’agriculteurs cantaliens ont mobilisé à Strasbourg pour obtenir l’interdiction temporaire du Mercosur devant la Cour européenne de justice. Malgré ce succès, Joël Piganiol, président de la FDSEA du Cantal, souligne que « la Commission européenne a trouvé un moyen d’éviter les conséquences prévues », ce qui a entamé une nouvelle phase des tensions.
Jean-Luc Lacombe, président de la Coordination rurale, précise : « Les produits sud-américains sont vendus à moitié du prix français. Cela signifie que chaque fermier cantalien est immédiatement écrasé économiquement. Ce n’est pas une question d’agriculture, c’est un véritable cataclysme. »
Les trois syndicats dénoncent ce qui constitue un « déni de démocratie » et préparent des actions concrètes pour défendre leur avenir. La mobilisation s’intensifie dans les prochaines semaines, menaçant de remettre en cause l’application provisoire du Mercosur au niveau national.