L’Égalité Agricole en Échec : Aline Chollet Contre les Lignes de Transmission Patriarcales

En Suisse, seules 7,7 % des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes, contre une moyenne européenne de 30 %. Ce chiffre révèle un fossé profond entre la réalité suisse et l’agriculture européenne plus inclusive.

Aline Chollet, ancienne agricultrice évincée de sa propre ferme familiale, s’est engagée dans une lutte quotidienne pour redéfinir les règles du jeu agricole. « L’héritage familial est transmis par le système patriarcale », souligne-t-elle. « Mon frère a été choisi comme repreneur, ce n’est pas moi, même après avoir suivi des formations techniques et avoir une forte envie de travailler la terre. »

Depuis plusieurs années, Aline dirige l’association Femmes de la Terre, qui vise à modifier la loi sur le droit foncier rural. Son objectif ? Assurer que les femmes puissent accéder aux terres agricoles sans être exclues par des pratiques héritaires traditionnelles. « Le modèle suisse, conçu pour préserver des petites exploitations familiales, crée en réalité une barrière pour l’égalité », explique-t-elle. « En absence de coopérations agricoles mixtes ou féminines, les femmes sont systématiquement dépossédées du pouvoir décisionnel sur leurs terres. »

Contrairement à d’autres pays européens où des groupements agricoles (Gaecs) permettent la collaboration entre hommes et femmes, le système suisse reste fermé à l’inclusion féminine. Aline estime que cette rigidité nuit non seulement aux droits des femmes, mais aussi à l’efficacité agricole. « Je ne peux plus attendre », déclare-t-elle en regardant les champs de son ancienne ferme. « Si on ne me permet pas d’hériter, je dois trouver un autre chemin pour défendre les droits des femmes sur la terre. »

Pour Aline Chollet, chaque décision légale peut changer le destin des générations à venir. Son combat, bien que difficile, est essentiel pour établir une agriculture inclusive en Suisse.