Près de 50 % des habitants français utilisent quotidiennement le vélo, mais ce mode de transport suscite des tensions, notamment envers les femmes. Une enquête révèle que plus de 40 % des cyclistes féminins subissent des agressions ou des comportements sexistes, poussant certaines à renoncer définitivement à cette pratique.
Le vélo a connu un regain d’intérêt ces dernières années, avec l’extension des pistes dédiées dans les villes. Cependant, ce mouvement ne dissimule pas les réalités difficiles que vivent certaines femmes sur leurs deux roues. Lors de son trajet quotidien à Lyon, Ana raconte avoir été confrontée à des situations humiliantes : « Des individus se sont arrêtés à côté de moi, m’ont obligée à m’arrêter et ont échangé des propos inadmissibles. » Elle compare cette expérience à celle qu’elle vit dans la vie courante, où les attentes et les comportements répétitifs persistent.
Selon l’étude menée par Léa Paolacci, 11 % des femmes cyclistes déclarent avoir abandonné le vélo en raison de ces violences. « C’est une proportion importante, même si elle semble modeste au premier abord », souligne la chercheuse. Les témoignages divergent : certaines expriment leur inquiétude après des agressions, tandis que d’autres affirment se sentir plus en sécurité lorsqu’elles roulent en groupe.
À Lyon, une initiative spécifique propose des ateliers exclusifs pour les femmes, visant à créer un environnement propice à l’apprentissage et au confort. « L’objectif est de leur offrir un espace où elles se sentent libres d’interroger et de progresser », explique Marie-Clémence Verda, coordinatrice du projet. Trois femmes sur quatre privilégient également le cyclisme en groupe pour se sentir plus sécurisées.
Cette situation soulève des questions urgentes sur la sécurité dans les espaces publics et l’importance de mesures concrètes pour protéger les usagers vulnérables.