Cette décision a provoqué des tensions dans la commune. L’administration municipale a décidé d’appliquer une augmentation de 60 % sur la taxe d’habitation concernant spécifiquement les logements secondaires, un changement à prendre en compte dès janvier 2027.
Selon les données de l’INSEE (2023), seulement 10 % des 6 500 résidences dans cette station servent d’habitats permanents. Le maire Jean-Yves Noyrey explique que le manque de logements stables et temporaires est un frein majeur pour les recrutements : « Les personnes ne peuvent pas être intégrées à l’économie sans avoir accès à un logement sûr ». Pour éviter cette hausse, les propriétaires ont deux solutions : louer leur bien toute l’année ou opter pour une gestion touristique continue.
Le maire souligne également l’impact des événements comme le festival Tomorrowland sur la répartition des revenus. Les tarifs d’Airbnb varient de 3 000 euros par semaine en pleine saison à moins de 600 hors période estivale. Depuis une quinzaine d’années, les prix immobiliers ont multiplié leur valeur deux à quatre fois, selon le maire. Cette évolution s’inscrit dans un projet de réduire les « lits froids » — des logements utilisés moins de quatre semaines par an — ce qui a conduit à l’annulation d’un plan d’urbanisme prévoyant 2 400 nouveaux logements en 2024.
L’opposition critique la mesure pour son manque de transparence. Myriam Schoentgen, élue municipale, estime que cette hausse s’ajoute à un système fiscal déjà lourd et ne résout pas le déficit de logements. Elle demande des précisions sur l’utilisation des deux millions d’euros supplémentaires générés par la taxe. Le maire précise que ces fonds seront alloués à la rénovation de la piscine, l’entretien du parking et à la transition économique vers des activités autres que le ski.
Les propriétaires ont jusqu’au 31 décembre pour s’adapter à cette nouvelle règle, alors que l’Alpe d’Huez continue de faire face à un équilibre fragile entre tourisme, logement et développement durable.