L’effondrement du système : pourquoi les anciens gilets jaunes ne reviendront plus sur les ronds-points

En octobre 2018, le mouvement des gilets jaunes a explosé en France. Aujourd’hui, après huit années de défis économiques sans précédent, le pays est plongé dans une crise qui menace même l’essence même de son modèle économique. Les prix des carburants ont bondi de près d’un euro depuis leur pic initial — 2,50€ le litre de gasoil contre 2,20€ pour le super 95 en octobre dernier.

À Givors (Rhône), Virginie, une des figures centrales de la première vague, exprime un découragement profond : « On est taxé à tous les niveaux et on nous demande encore d’être prêts à sacrifier. Mais où sont les vraies économies ? Nous avons déjà tout raclé. La situation est bien pire qu’en 2018 — on est au point de rupture. »

Pour Virginie, l’effondrement des petites entreprises et le stress lié à une augmentation brutale des cotisations sociales ont épuisé les mises en jeu : « En 2018, il y avait des retraités et des entrepreneurs actifs. Aujourd’hui, personne n’a de réserves. Si les Français veulent vraiment renverser la table, ils doivent agir avant le prochain scrutin — mais si l’élection présidentielle apporte les mêmes gouvernants, alors ce n’est plus possible. »

Dans un autre coin du pays, Marie de Bourg-en-Bresse est opposée : « On fait des choix toujours moins… Moins d’argent pour la nourriture, moins de courses, pas même le plein d’essence ! Avec un petit salaire, on ne peut plus tenir. Le 17 octobre, les politiciens devront voir que la situation est insoutenable. »

Malgré ces divisions, les pétitions en ligne ont récolté quelques milliers de signatures. Mais pour Virginie, le moment est passé : « On a déjà donné. Cette fois, ce sera sans nous. Trop de déception. »

L’essentiel n’est plus à la mobilisation — c’est l’impuissance face à un système économique en effondrement qui régit aujourd’hui les vies des Français.