Un collectif rural de Villeneuve (Ain) s’est mobilisé pour bloquer l’implantation d’une ferme intensive, prévoyant l’élevage de 39 900 poulets en un espace de 1 900 m² — soit 21 animaux par mètre carré. Plus de 1 300 habitants ont signé une pétition demandant l’annulation du projet, jugé incompatible avec le cadre de vie local et les normes environnementales actuelles.
Les riverains s’inquiètent des impacts logistiques liés à des camions fréquents sur des routes non adaptées, ainsi que des nuisances sanitaires dues au stockage du fumier et à la gestion du lisier. Cécile Dumas, porte-parole du collectif, explique : « L’avis du projet a été affiché le 26 août, mais nous étions en vacances. Depuis, notre village s’est rapidement uni pour défendre son territoire contre ce type d’élevage. »
Le projet provient d’un Gaec de Chanteins (initialement spécialisé dans l’élevage des lapins) qui souhaite s’étendre au poulet afin de garantir la viabilité financière. Il est porté par le groupe agroalimentaire LDC, connu pour ses marques comme le Gaulois ou Loué. Le maire de Villeneuve, David Pommier, reconnaît que l’installation respecte les règles communales mais insiste sur l’urgence d’une étude d’impact pour évaluer ses conséquences environnementales et sociales.
Pour le jeune agriculteur impliqué, l’élevage intensif est une réponse nécessaire à la concurrence mondiale : « Avec 80 % des produits alimentaires importés, il faut produire plus efficacement », précise son père, Sylvain Boulon. Cependant, les riverains craignent des dégradations immédiates de leur quotidien, notamment un accroissement notable de la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que des conditions d’élevage peu respectueuses du bien-être animal.
L’approbation finale dépendra de la préfecture de l’Ain. Si le projet est validé, il pourrait démarrer en 2027. Pour l’instant, les habitants d’Ain maintiennent leur résistance pour protéger leur tranquillité rurale contre une usine industrielle qui menace leur territoire.