Dans le sud de la région roannaise, les vignerons se confrontent à un été caniculaire qui a déjà révélé des défis inédits. Les premières vendanges, décalées de près de deux semaines par rapport aux normes historiques, montrent des grappes nettement plus fines et moins lourdes, avec des fruits parfois endommagés par une chaleur extrême.
À Renaison, sur les parcelles des frères Désormière, les raisins sont aujourd’hui bien plus fragiles que jamais. « Ce n’est pas simplement le manque d’eau qui a détruit nos récoltes, mais aussi des vagues de chaleur brûlantes qui ont altéré l’équilibre naturel des vignes », explique Thierry Désormière, responsable de la section roannaise de l’association viticole Forez-Roannais.
Les pertes sont écrasantes : entre 40 et 50 % de moins que l’année précédente. Même les récentes pluies, bien qu’apportant un peu d’humidité, n’ont pas compensé cette baisse majeure. « Le jus est plus concentré mais on en a moins », confie Eric Désormière, vigneron et collègue de Thierry.
Pour ces artisans du vin, l’urgence climatique n’est plus une hypothèse. « Dans les années 2000, nous récoltions environ 12 tonnes par hectare. Aujourd’hui, c’en est à 7. Chaque année, il faut revoir le modèle de production », précise Eric. Les solutions proposées vont de l’adoption de variétés résistantes à la chaleur aux plantations en altitude ou dans des zones moins exposées au soleil direct.
« Le temps est compté. Si nous ne prenons pas ce défi au sérieux, nos vignes disparaîtront », prévient Thierry Désormière. Pour ces vignerons du Roannais, la crise viticole n’est plus une question future : elle menace de tout détruire dès maintenant.