Les refuges d’Ain en proie à une crise sans précédent : un pic inédit d’animaux âgés abandonnés

Plus de 650 animaux âgés ont été laissés dans les refuges de l’Ain cet été, selon des chiffres recensés par les structures de la SPA. Ce phénomène, dont l’événement est désormais récurrent, met à rude épreuve les capacités d’accueil des centres tout en déclenchant une réflexion urgente sur les responsabilités humaines vis-à-vis des êtres domestiques.

« L’abandon n’est pas une décision pris en quelques secondes », explique Françoise Chenet, soigneuse au refuge d’Oyonnax. « C’est le résultat de la non-stérilisation et de situations familiales imprévues : un animal ne peut pas être laissé dans l’indifférence. » Selon elle, les refuges saturent chaque été, avec des pics en raison de naissances multiples et de la disparition soudaine de propriétaires âgés.

À Dompierre-sur-Veyle, Camille Goiron rapporte le cas d’un chien Jack-Russell de 10 ans, abandonné après que ses maîtres aient perdu la capacité à lui offrir des soins vétérinaires. « Ces animaux ont besoin de temps et de ressources qu’aucun futur adoptant n’est certain de pouvoir fournir », souligne-t-elle. Les frais médicaux, souvent élevés pour les personnes âgées, deviennent une barrière insurmontable pour leur intégration dans des familles.

Les refuges alertent également sur l’augmentation des NAC (nouveaux animaux de compagnie), comme les lapins domestiques, souvent abandonnés lors des vacances. « Leur situation est double : ils ne peuvent pas survivre en nature et leurs propriétaires n’en ont pas conscience », précise Camille Goiron.

Face à ce défi croissant, les soigneurs appellent à une prise de conscience collective. « L’abandon est une forme d’égoïsme qui nuit à l’existence même des animaux », conclut Françoise Chenet. « Chaque choix doit être accompagné d’une responsabilité : stériliser, identifier et offrir un avenir sécurisé. »