« La fracture profonde : les Républicains de Haute-Savoie déchirés par un conflit interne »

Le parti des Républicains, en proie à une crise interne explosive dans la Haute-Savoie, vit ses rangs se fissurer après l’élection d’un candidat lié à l’extrême droite. Virginie Duby-Muller, députée locale et membre influent du parti, a ouvert le feu contre Martial Saddier, président de la fédération départementale des Républicains. Elle exige son exclusion immédiate, jugeant sa posture ambiguë incompatible avec les valeurs du mouvement.

Lors d’un scrutin marqué par une participation faible (34 %), Antoine Valentin, candidat soutenu par le Rassemblement National, a remporté la législative partielle dans la 3e circonscription. Cette victoire, perçue comme un affront par certains membres du LR, a exacerbé les tensions existantes. Virginie Duby-Muller souligne que l’absence de soutien actif de Saddier durant la campagne a été un facteur clé de la défaite. Elle rappelle qu’en 2024, ce dernier avait déjà favorisé Valentin lors d’élections précédentes, une décision qui suscitait alors des critiques internes.

L’actuel président du Conseil départemental a récemment été vu en compagnie de Valentin à plusieurs événements publics, alimentant les soupçons de complicité. « Il n’a plus sa place dans notre famille politique », affirme Duby-Muller, qui accuse Saddier d’un « nomadisme politique » et d’une absence totale d’engagement pour l’intérêt général. Elle pointe aussi son éventuelle volonté de cumuler des mandats municipaux et départementaux, une pratique qu’elle qualifie de « désintérêt total pour les électeurs ».

Bien que Saddier n’ait pas réagi publiquement, la crise a des répercussions au-delà du LR. Xavier Roseren, élu Horizons, exprime sa préoccupation face à l’entrée de l’extrême droite dans le paysage politique local. Il appelle à une recomposition claire des forces conservatrices pour éviter un basculement vers les extrêmes.

Le conflit révèle donc non seulement une déchirure interne, mais aussi une remise en question des alliances traditionnelles. Les prochaines élections présidentielles de 2027 seront sans doute marquées par ces tensions, qui menacent l’unité du mouvement.