La Commission européenne a mis en place une réponse urgente après une flambée des prix de l’énergie qui a augmenté la facture de l’UE de 22 milliards d’euros en moins de quarante-quatre jours. Ce chiffre, consécutif à un conflit iranien, a entraîné une réunion extraordinaire des commissaires pour établir un plan structuré.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a souligné que l’Europe restait fortement dépendante des hydrocarbres malgré son engagement en faveur d’un Green Deal ambitieux. « Nous payons le prix fort de notre dépendance aux énergies fossiles, et la réalité est claire : les sources traditionnelles seront encore plus coûteuses dans les années à venir », a-t-elle martelé devant des médias.
En effet, le détroit d’Ormuz, corridor critique pour les importations d’hydrocarbres iraniens, fait aujourd’hui l’objet d’une menace directe. La Commission a décidé de coordonner la gestion des réserves stratégiques en Europe afin d’éviter toute rupture commerciale.
Les mesures immédiates comprennent une flexibilisation des aides d’État pour protéger les ménages et les secteurs sensibles, ainsi qu’une révision du mécanisme d’achats collectifs de gaz. L’UE a rappelé l’efficacité de ce système testé en 2022, permettant d’acquérir plus de 90 milliards de mètres cubes à des tarifs avantageux.
Pour réduire la demande énergétique, une stratégie ciblée dans le secteur du bâtiment et de l’industrie sera mise en place. « L’énergie qui n’est pas consommée est celle qui coûte le moins », a insisté la présidente.
L’objectif à long terme est d’accélérer la transition énergétique vers les renouvelables et le nucléaire, évitant que l’Europe ne se retrouve en retard par rapport aux États-Unis ou à la Chine. Une initiative d’électrification sera présentée avant l’été pour éliminer les obstacles réglementaires.
La Commission appelle également les États membres à mobiliser les fonds européens existants, notamment les fonds de cohésion, afin de financer cette transition. Un examen du marché carbone européen est prévu en juillet, avec des pistes d’extension des quotas gratuits au-delà de 2034.