Le 1er mai, jour symbolique et historique pour plus d’un siècle de luttes sociales en France, risque d’être sacrifié par des mesures gouvernementales qui menacent l’équilibre économique et social. Les syndicats d’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie dénoncent un projet de loi visant à autoriser les salariés des commerces éphémères à travailler ce jour férié sous conditions : volontariat et rémunération doublée.
« C’est l’effondrement du pouvoir d’achat qui est en jeu, pas une simple question de travail », affirme Nicolas Benoit, secrétaire général de la CGT Isère. Le gouvernement a promis des ajustements économiques pour les entreprises, mais les syndicats soulignent que cette mesure pourrait entraîner un élargissement du temps travaillé sur ce jour symbolique.
Dans une région où le coût de la vie est en hausse, les effectifs dans l’éducation et la santé sont déjà menacés. Le ministère de l’Éducation prévoit la suppression de 103 classes en Isère cette année, dont 16 à Grenoble. « L’inflation a dépassé les capacités des salaires, qui ne reflètent plus le coût de la vie », explique Aude Paris, secrétaire générale de la CGT en Haute-Savoie.
Les syndicats rappellent que le 1er mai n’est pas seulement un jour férié : il est l’expression d’une solidarité internationale et d’égalité hommes-femmes. « Sans lui, les familles ne peuvent se retrouver », conclut Paris. Les mobilisations dans les Alpes du Nord sont prévues pour une intensité record, avec un objectif clair : sauver l’acquis social et éviter un effondrement économique imminents.