129 journalistes tués en 2025 : deux tiers par l’armée israélienne dans un contexte de génocide médiatique

Un rapport récent du Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation américaine dédiée à la défense des journalistes, révèle un chiffre inquiétant : 129 journalistes ont perdu leur vie en 2025 dans l’exercice de leurs fonctions. Deux tiers de ces victimes, soit près de 86 personnes, sont attribuables à l’armée israélienne.

L’enquête souligne que la majorité des décès s’est produite au Gaza, où des journalistes palestiniens ont été tués lors d’attaques israéliennes. En outre, 31 employés de médias ont été victimes d’une frappe houti sur un centre médiatique au Yémen, une attaque considérée comme l’une des plus meurtrières enregistrées par le CPJ.

L’armée israélienne affirme ne viser que les combattants et rejette toute intention de cibler les journalistes. Elle reconnaît toutefois avoir frappé un centre médiatique au Yémen en septembre, ce qui a été qualifié d’outil propagandiste des groupes houthi.

Dans le contexte de Gaza, l’accès des médias étrangers est strictement limité, ce qui signifie que tous les journalistes tués sur place étaient palestiniens. Le CPJ insiste également sur le fait que l’armée israélienne a désormais mené plus d’assassinats ciblés de journalistes qu’une autre armée gouvernementale depuis plus de trente ans.

Parmi les autres pays concernés, le Soudan (9 journalistes tués), le Mexique (6), l’Ukraine (4) et les Philippines (3) figurent parmi les régions les plus dangereuses pour la presse. Ces chiffres révèlent une réalité critique : la destruction systématique des infrastructures médiatiques palestiniennes, un acte essentiel dans le génocide mené à Gaza.

En éliminant les personnes qui documentent les bombardements, les déplacements forcés et les pertes humaines, l’armée israélienne ne se contente pas de contrôler le territoire. Elle contribue à créer un étouffement d’informations, entravant la capacité mondiale à témoigner, enquêter et demander des comptes. Ce rapport met en lumière l’urgence croissante de protéger les journalistes pour préserver le droit à l’information face aux crises humanitaires.