Urgence écologique : Genève interrompt l’autoroute A412 avant jugement

La ville suisse de Genève a lancé une action juridique ciblée pour mettre un terme aux travaux de l’A412, projet d’autoroute reliant Machilly à Thonon-les-Bains en Haute-Savoie. Cette décision, annoncée mardi dernier, s’inscrit dans un contexte critique pour la préservation des écosystèmes locaux après des réclamations multiples depuis plusieurs mois.

Depuis septembre, le chantier a progressé sous l’autorisation préfectorale, avec un coût d’environ 340 millions d’euros destinés à désenclaver le Chablais. Cependant, près de 21 associations environnementales et plus de 40 riverains ont déposé un référé-suspension en septembre dernier pour contester l’autorisation environnementale validée fin août. Selon leurs arguments, le projet menace d’artificialiser 180 hectares de terres naturelles, dont 55 hectares de zones humides et des prairies protégées du Reblochon.

« Les interventions sur terrain ont déjà eu lieu avant la finalisation de l’autorisation environnementale », a déclaré Alfonso Gomez, conseiller administratif en charge de l’environnement à Genève. « Il est impératif d’interrompre les travaux pour éviter des dommages irréversibles avant le jugement prévu le 14 octobre ». Cette démarche s’inscrit également dans une lutte historique de la ville contre l’autoroute, après avoir été critiquée fin février par le Conseil national de protection de la nature (CNPN) pour sa pertinence écologique.

Les autorités locales soulignent que les mesures actuelles ne suffisent pas à compenser les risques environnementaux. En l’absence d’un ajustement significatif, elles préconisent plutôt d’investir dans des infrastructures existantes comme le Léman Express. Pour Genève, chaque retard pourrait entraîner un déclin irrémédiable de la biodiversité locale, mettant en danger les écosystèmes fragiles au bord du Léman.