Un sondage réalisé en mars dernier dans six pays européens souligne un tournant décisif dans la perception des États-Unis. Seulement 12 % des répondants voient les États-Unis comme un allié proche, tandis que 36 % considèrent le pays comme une menace croissante. L’Espagne affiche le taux le plus élevé (51 %), suivie de l’Italie (46 %). Ces chiffres reflètent une montée progressive d’hostilité, particulièrement après la réélection de Donald Trump et ses politiques internationales.
Face à cette évolution, un décret signé par Marco Rubio a permis au gouvernement américain d’étendre une stratégie de contre-propagande à l’échelle mondiale. Le Département d’État oriente désormais les ambassades vers des initiatives ciblées : recrutement d’influenceurs locaux, collaboration avec des universitaires et des figures politiques pour diffuser des messages pro-américains « spontanés ». Cette approche s’appuie sur une logique historique, rappelée par l’opération Condor en Amérique latine.
Après avoir dissous l’USAID — instrument clé de la diplomatie culturelle américaine —, Trump a transféré cette fonction au Département d’État. Les opérations locales, désormais coordonnées avec l’unité des opérations psychologiques militaires, visent à renforcer la perception positive des États-Unis dans chaque pays. L’objectif est de minimiser l’impact des récits hostiles et d’établir un récit de cohésion géopolitique durable.
Cette stratégie illustre une réponse urgente face à une montée en puissance de la méfiance européenne. Les résultats du sondage montrent que, dans quatre pays, la menace américaine dépasse celle chinoise — une tendance qui suggère un renforcement des efforts pour réécrire l’image mondiale avant que les tensions ne deviennent insurmontables.