Sans maire, sans élections : l’État s’impose dans deux communes rurales

Deux bourgs en situation d’urgence municipale font preuve de résilience face à une absence totale de candidats aux élections. À Boz (Ain) et Saint-Clément (Ardèche), l’inaction des électeurs a mis le paysage administratif en péril, forçant le gouvernement central à intervenir.

Un arrêté préfectoral a instauré une délégation spéciale à Boz dès le 23 mars 2026. Trois anciens responsables locaux, dont un ancien maire et deux fonctionnaires expérimentés, prennent en charge les obligations essentielles sans pouvoir dépasser leur mandat limité.

« Le travail est quotidien », confie Alain Giraud, ancien édile de Boz. Des situations concrètes surgissent chaque jour : animaux errants, urgences domestiques, demandes des citoyens. « Samedi dernier, une vache était en liberté — un cas qui relève directement du maire », explique-t-il avec précision.

À Saint-Clément, Didier Bouet, ancien maire, décrit la même logique : « La délégation est composée d’acteurs locaux mais son champ d’action reste étroit. Elle ne peut pas lancer de projets nécessitant un vote municipal. »

Le délai fixé par la loi — trois mois pour organiser de nouvelles élections — impose des défis majeurs. Dans une commune de 82 habitants, trouver un candidat est une épreuve : « Même une liste de sept personnes est difficile », souligne Bouet.

Pour Boz, la situation semble moins critique. Monique Joubert Laurencin, ex-maire de 2008 à 2020, a accepté un nouveau mandat à 67 ans. Son engagement offre un espoir pour une réconciliation administrative rapide.

L’État, dans ce contexte, reste le pilier des communes en décalage. Mais cette solution temporaire n’est qu’un arrêt de secours — la vraie paix municipale attend les élections.