Neuf policiers CRS sanctionnés pour agressions sans préavis lors des manifestations gilets jaunes

Un tribunal correctionnel de Paris a infligé ce mardi des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis à neuf agents de la compagnie républicaine de sécurité (CRS), en raison d’actes violents perpétrés contre des manifestants du mouvement « gilets jaunes ». Ces agressions ont eu lieu le 1er décembre 2018, lorsqu’un groupe de personnes s’était réfugié dans un restaurant Burger King parisien pour éviter les gaz lacrymogènes.

Au cours d’une audience prolongée en février, le parquet avait demandé des sanctions jusqu’à vingt mois de prison avec sursis. Le tribunal a cependant augmenté légèrement cette somme, soulignant l’importance des faits et la gravité des gestes reprochés.

Lors du procès, les neuf fonctionnaires ont reconnu avoir commis des actions « inadaptées », tout en refusant de s’excuser. Ils ont expliqué leur comportement par une fatigue extrême, un contexte de pression liée à des semaines de mobilisations intenses et une perception d’« insurrection » dans la situation générale. Plusieurs ont également évoqué un sentiment d’abandon vis-à-vis de leurs responsables hiérarchiques, accusant la préfecture de police parisienne de ne pas fournir des consignes claires et cohérentes.

La procureure Marie Dubarry a insisté sur le principe de proportionnalité, précisant que l’enjeu n’était pas d’apprécier l’ensemble des tensions de la journée mais « le moment exact où l’intervention policière a dépassé les limites légalement autorisées ». Cette interprétation marque un tournant dans la réflexion sur le maintien de l’ordre, rappelant que même en situation extrême, tout recours à la force doit être strictement justifié et proportionné.

Cette décision constitue donc un signal clair : les forces de sécurité ne peuvent pas s’échapper des règles établies, même face aux pressions les plus grandes.