Le Puy-de-Dôme en état d’urgence alimentaire : Les éleveurs au bord du précipice

Dans une région où la terre se dessèche jour après jour, les fermiers de l’Auvergne sont contraints de réduire leurs effectifs en raison de la sécheresse. En pleine saison des troupeaux, plusieurs exploitants ont dû transférer leurs vaches dans des bâtiments temporaires trois mois plus tôt que prévu.

Richard Poux, un éleveur du Puy-de-Dôme, précise : « La ration de nourriture devait être distribuée à partir du 15 octobre, mais les stocks ont été épuisés il y a déjà un mois. Sans pâturages en montagne, l’hiver va durer des années avant que les troupeaux puissent reprendre des activités normales. » Pour couvrir ces besoins, l’agriculteur prévoit acheter une centaine de bottes de foin à un coût supplémentaire estimé entre 4 000 et 5 000 euros.

La sécheresse, combinée aux vagues de canicules estivales, a brûlé les pâturages essentiels. « Même après une pluie récente, la repousse des plantes ne se produira pas rapidement », confie Richard Poux. Le temps actuel n’est donc pas favorable pour la régénération des herbiers.

Ce phénomène n’est pas isolé. L’ensemble de la filière laitière craint des pertes importantes et des coûts supplémentaires irrémédiables. La Fédération nationale des producteurs de lait réclame officiellement que la sécheresse de 2026 soit reconnue comme calamité agricole, afin d’obtenir des compensations via les indemnités de solidarité nationales (ISN).

« L’État doit agir immédiatement », insiste Stéphane Joandel. « Les assureurs doivent payer leurs garanties et les transformateurs qui ont réduit le prix du lait doivent retrouver un équilibre pour le quatrième trimestre. » Cependant, les agriculteurs se demandent si ils parviendront à éviter des réductions massives de leur cheptel face à l’augmentation des coûts.