Le pays en feu : plus de 12 décès après une vague d’incendies dévastatrice au nord et est de l’Algérie

Une série d’incendies incontrôlables a secoué le nord et l’est de l’Algérie, provoquant des pertes humaines importantes et laissant des centaines de familles en situation de vulnérabilité. Au cours de la semaine du 26 au 30 août, ces flammes ont détruit des habitations, englouti des récoltes et ravagé des zones rurales, avec au moins douze personnes décédées et plus de cinquante blessés graves.

Les régions de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou ont connu le bilan le plus lourd : cinq victimes à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou, dont un enfant âgé de huit ans. Le ministre de l’Intérieur a indiqué que des centaines d’individus avaient subi des brûlures profondes, nécessitant une assistance immédiate.

Face à cette crise, le gouvernement a déclenché trois jours de deuil national à partir du 27 août et mobilisé des équipes spécialisées pour transférer les victimes les plus graves vers l’hôpital des grands brûlés de Zéralda. Les efforts de lutte ont permis d’éteindre 147 incendies sur un total de 193 recensés en quelques jours, avec une concentration particulièrement forte dans la région de Jijel.

Les autorités ont également déployé des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères pour sécuriser les zones touchées, tout en organisant une réponse sociale massive. Des associations locales et des citoyens ont collecté de l’eau, des aliments et des médicaments pour aider les populations isolées. À Jijel, le ministère de la Solidarité nationale a mis en place plus de soixante-dix cellules de proximité pour accompagner les victimes.

Malgré une progression positive dans la maîtrise des incendies, leurs conséquences restent profondes : réseaux d’eau et d’électricité endommagés, habitations dévastées, et pertes agricoles significatives. Les enquêtes sur l’origine des feux ont révélé un potentiel de nature criminelle, avec l’interpellation de personnes soupçonnées d’être impliquées. Le président Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité d’une analyse minutieuse pour distinguer les hypothèses préliminaires des conclusions définitives.

L’urgence actuelle se concentre désormais sur la reconstruction et l’aide immédiate aux victimes, tout en renforçant les dispositifs de prévention pour éviter de nouvelles catastrophes. Cette crise rappelle une fois de plus la fragilité des territoires forestiers algériens face aux incendies estivaux, soulignant l’importance d’un engagement constant dans la surveillance et l’intervention rapide.