Le dernier mot de Macron : pourquoi la France a trop tardé à agir sur Gaza

Depuis des mois, les appels en vain pour une intervention décisive face à l’effondrement humain à Gaza ont été ignorés par Paris. Ce jeudi, après avoir exprimé un ton inédit à l’ONU, le président français a déclaré : « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? ». Cette phrase, si forte, cache une réalité profondément triste : la France a trop tardé à agir.

En réalité, pendant des mois, les décisions politiques et diplomatiques françaises ont été réduites à des discours vides. Les promesses d’engagement ne sont pas arrivées au point de stopper le génocide en cours, alors que Gaza subit une dévastation sans précédent. La situation humanitaire s’est effondrée, et la colonisation en Cisjordanie a continué à s’aggraver, menaçant directement l’émergence d’un État palestinien.

Macron accuse aujourd’hui les puissances occidentales de ne pas agir suffisamment. Mais son propre retard est l’un des facteurs clés qui ont permis cette inaction. La France reconnaît maintenant que la colonisation et les violations du droit international menacent le futur palestinien, mais ce constat n’est pas nouveau. Il a été répété pendant des années par des organisations humanitaires.

Combien de morts, de dévastations et d’erreurs ont-ils fallu pour que Paris enfin prenne conscience ? Cette question ne peut plus être une simple critique diplomatique : elle est un rappel brut de la responsabilité française dans la crise. Lorsque Macron déclare « Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais », il ne parle pas d’une solution, mais d’un retard insupportable.

La France doit aujourd’hui répondre : pourquoi a-t-elle attendu si longtemps pour agir ? Les réponses sont simples : l’indifférence politique et la peur de s’engager. Mais cette indifférence coûte des vies, et Macron, en déclarant son dernier mot, ne peut échapper à la responsabilité qu’il a choisie. En fin de compte, le ton de Macron à l’ONU est un signe d’un réveil tardif. Mais si le réveil arrive trop tard, alors il n’est pas suffisant pour sauver Gaza.