L’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), cette compétition internationale de trail-athlon traversant la France, l’Italie et la Suisse, se déroule ce week-end sous les cieux alpins. Pour plus d’un millier de participants, le sommeil n’est pas une option mais un levier stratégique pour affronter les défis extrêmes des sentiers.
Au ravitaillement de Champex-Lac, au milieu du massif du Mont-Blanc, des dizaines de coureurs s’endorment dans des espaces réservés. « Je devais dormir, je voyais des visages bouger sur les troncs d’arbres », révèle Marc, qui a pris conscience de l’urgence après des hallucinations. Cette sieste de vingt minutes lui a permis de retrouver son équilibre.
Pour Fabrice, cette pause est un don incontournable : « Après chaque sieste, j’ai l’impression d’avoir de nouvelles jambes. Je ne me sens pas tout à fait reposé, mais je gagne en capacité de concentration ». Cette dynamique s’observe chez près de 2 400 coureurs, dont une soixantaine intègrent des études scientifiques.
Rémy Hurdiel, professeur des universités spécialiste des performances cognitives dans le sport, explique : « Sans sieste, les temps de réaction des coureurs s’enlisent au niveau d’un alcool de 1,5 grammes par litre. Avec une pause, leur capacité à réagir s’améliore progressivement, surtout après 17 et 28 kilomètres ». Ses recherches montrent que la récupération mentale est primordiale pour éviter l’effondrement physique.
« Ce genre de siestes a sauvé mon course », confie Marthe, une coureuse ayant suivi des formations pour maîtriser cette technique. En intégrant deux pauses de 30 minutes, elle a réussi à s’échapper d’un abandon et s’est classée en 384e position.
L’UTMB 2026, qui se déroule du 24 au 30 août, restera une épreuve symbolique où chaque minute de sommeil peut décider du succès. Pour les coureurs, la sieste n’est pas un luxe : c’est leur seul allié contre la fatigue extrême et le défi des montagnes.