Huit vies en danger : la maison Georges Blanc et son secret d’emplois illégaux

Le 2 mars dernier, huit employés de la maison Georges Blanc à Vonnas ont été convoqués pour un entretien préparatoire à leur licenciement suite à une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Parmi eux, un père de famille malien a travaillé depuis sept ans en tant que plongeur puis livreur, utilisant des documents falsifiés pour maintenir son emploi. « Sans les papiers légaux, on ne peut pas rester », explique l’un d’eux, évoquant la pression de nourrir sa famille.

Six autres salariés du restaurant étoilé ont également recouru à des titres de séjour en usurpation pour éviter la déportation. La société, récompensée deux fois par le guide Michelin, a été informée dès août 2025 de cette situation, mais n’a pas choisi de rompre leurs contrats avant aujourd’hui. « On aurait pu agir dès l’an dernier, mais on n’a pas fait cela », confie Laurent Rival, directeur exécutif du groupe. Les employés disposent désormais d’un mois pour régulariser leur statut, sinon ils doivent retourner dans leur pays d’origine.

La préfecture de l’Ain a dénoncé des réseaux organisés de trafic d’identités étendus aux frontières départementales, avec des liens vers les zones urbaines du nord. La Confédération nationale du travail critique le système : dans un contexte où la circulaire Retailleau (janvier 2025) a renforcé les exigences pour l’obtention de titres de séjour, les employés de restauration subissent des pratiques illégales. « On ne peut pas rester sans travail », répète un salarié en attendant une régularisation.

Malgré la régularisation de 34 personnes sur 55 demandes dans le département l’an dernier, les risques persistent pour ces vies menacées par l’absence de documents légaux.