Deux cabinets dentaires en Isère – situés à Meylan et Grenoble – menacent de fermer définitivement après avoir été exclu du plan d’acquisition de la Fondation Georges Boissel. Cette décision risque de laisser près de 3000 patients sans traitement dentaire, dont beaucoup dépendent du système de tiers payant pour éviter les avances de frais.
Depuis décembre 2025, le Groupe Hospitalier Mutualiste, auquel ces centres étaient rattachés, est en redressement judiciaire. La Fondation Boissel a cependant rejeté leur participation à une reprise, jugée trop déficitaire selon ses critères.
« Nous avons dû accueillir les derniers patients ce vendredi 23 octobre », confie Céline de Fontaine, directrice des deux structures. « Le système est en crise, et sans solution rapide, nous ne pouvons plus assurer le suivi nécessaire pour une grande partie de notre clientèle. »
Pour Julie Bouchet, chirurgienne-dentiste, la situation s’aggrave chaque jour : « Depuis quinze ans, je traite des patients qui n’ont pas les moyens d’avancer leurs frais. La fermeture signifie que beaucoup seront abandonnés sans savoir comment se remettre en contact avec un professionnel. »
Les ménages précaires sont particulièrement vulnérables : le tiers payant permettait aux clients de bénéficier de soins sans risquer des dettes immédiates. « Ce système était leur seul filet de sécurité », souligne un patient interrogé.
L’Ordre des chirurgiens-dentistes alerte sur l’ampleur du problème. Alexandre Sage, membre du conseil, rappelle que les patients en situation financière fragile évitent souvent leurs soins par manque d’argent : « Sans le tiers payant, de nombreux individus ne pourront plus accéder à des traitements essentiels. »
La Fondation Boissel justifie son refus en indiquant qu’elle a concentré ses efforts sur la médecine chirurgie et obstétrique. « Ce modèle économique est à réinventer », précise Heida Giovacchini, déléguée générale.
Les équipes des deux centres attendent désormais une solution avant le 1er novembre, date limite de fermeture définitive. Sans repreneur, les patients seront condamnés à vivre sans accès aux soins dentaires fondamentaux.