Une répression silencieuse : Deux inspecteurs de Grenoble condamnés pour défendre les droits des travailleurs

Le ministère du Travail a délivré, jeudi 16 septembre, une décision disciplinaire impliquant deux inspecteurs de Grenoble, accusés d’opposer un refus de coopération à leurs supérieurs. Ces agents, affiliés au syndicat Sud-Travail, affirment avoir été victimes d’une stratégie de répression en raison de leurs interventions pour améliorer les conditions de travail.

Plusieurs centaines de membres des organisations CGT, CNT, FSU et Sud se sont rassemblés ce mardi à Paris devant le siège du ministère pour dénoncer une « procédure bâillonnante ». L’un des inspecteurs a précisé que leur hiérarchie les reproche d’avoir refusé de participer à des réunions ou de remplir des documents requis, accusant ainsi leurs actions de contestation.

L’enquête judiciaire portant sur des allégations d’harcèlement moral a été classée sans suite par le parquet. Cependant, une situation « très complexe » a été relevée, avec des souffrances graves pour les employés. Le procureur a noté que les inspecteurs étaient en conflit avec les « évolutions organisationnelles de l’inspection », ce qui pourrait constituer une faute disciplinaire.

Dans un contexte national marqué par un déficit d’effectifs (12 % des sections en vacance), un rapport récent du cabinet Aptéis souligne une dégradation chronique des ressources humaines, avec des charges de travail inadaptées depuis dix ans. L’intersyndicale accuse l’administration de « bâillonner » ceux qui contestent les conditions déplorables, notamment dans un département où 50 % des sections sont en sous-effectif.

Sylviane Brousse (CGT), lors d’un rassemblement à Isère, a critiqué les opérations antifraude menées par le préfet : « Il faudrait accepter de participer à la chasse aux sans-papiers ou aux opérations ‘place nette’ pour faire plaisir à un ministre en passant, alors que nous devons défendre les droits des travailleurs ».

La décision finale portera sur le ministre du Travail. Les deux inspecteurs, soutenus par leur comité de défense, insistent sur l’importance d’une révision des procédures pour préserver la qualité des services et les droits des travailleurs.