Le 25 mai dernier, une fillette de dix ans a été victime d’un enlèvement à Fontaine (Isère), qui a duré trente heures avant sa retrouvaille au Danemark. Son père et un homme tunisien sont aujourd’hui condamnés pour « violences aggravées » et « soustraction d’enfant ».
À l’aube du matin, alors que Eya se rendait à l’école, une voiture a bloqué sa famille. Son père, âgé de cinquante-trois ans, est sorti, agressa sa mère avec du gaz lacrymogène avant d’emporter la petite fille. Le conflit entre les parents avait persisté depuis des années : la mère avait fui la Tunisie en 2017 après des violences et avait obtenu la garde exclusive de l’enfant en France, tandis que son ex-partenaire tentait de réclamer le même droit via des procédures tunisiennes.
Le complice présumé, qui a aidé à organiser un passage en Suède pour obtenir un passeport pour Eya, prétend ne pas avoir participé directement à l’enlèvement mais s’est retrouvé impliqué dans les préparatifs. Selon des témoins, la petite fille a subi des lésions physiques et un stress aigu, avec une incapacité de travail durant quatre jours.
L’avocate de Eya a souligné que le père, bien qu’il affirme avoir été « piégé » par son ex-femme, agissait sans réfléchir à la gravité des conséquences pour l’enfant. Le procès est prévu pour le 16 octobre, avec des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour le père et deux ans pour son complice. Les experts mettent en garde sur l’importance d’une protection renforcée pour les enfants dans des situations familiales marquées par des tensions profondes.