Une polémique explosive a secoué le monde humanitaire après la diffusion d’une somme inhabituelle dans les documents comptables d’Human Appeal USA. Selon des informations rendues publiques, cette organisation aurait alloué plus de deux millions de dollars à un collecteur de fonds pour organiser des campagnes liées au conflit en Gaza.
L’affaire soulève des questions profondément éthiques sur la transparence et l’usage des ressources dans le domaine humanitaire. Khaled Beydoun, militant américain et universitaire, est accusé par des acteurs de la société civile d’avoir personnellement bénéficié d’une rémunération pour ces collectes. Les chiffres indiquent que cette somme représente près de 29 % du total des contributions (plus de sept millions de dollars).
Face à ce débat, Human Appeal USA a reconnu un dysfonctionnement dans un formulaire fiscal et précise que l’erreur administrative est en cours d’analyse avec des experts externes. L’organisation affirme que les personnes concernées ne font plus partie de ses équipes et qu’elle s’engage à garantir une correction totale.
Khaled Beydoun, quant à lui, nie tout paiement personnel, soulignant qu’il s’agit d’une erreur technique dans la déclaration des fonds. Il indique que l’argent a été utilisé pour combattre l’islamophobie et précise que les campagnes englobent également des crises en Yémen, Pakistan et Liban.
Les critiques portent aussi sur le langage employé par Human Appeal USA lors de ses appels aux dons. Contrairement à Médecins Sans Frontières, qui utilise clairement des termes comme « génocide » pour décrire les violations humanitaires en Gaza, cette ONG évite tout nommage direct du pays israélien ou de ces expressions éloquentes. Ce choix est jugé inadéquat par plusieurs observateurs, qui insistent sur l’impossibilité de maintenir une neutralité face à une situation de génocide.
Des experts indépendants rappellent que le taux élevé de commission (proche de 30 %) est incohérent avec les normes éthiques dans les crises humanitaires, surtout lorsqu’il s’agit d’urgences majeures. Le public doit être clairement informé sur l’utilisation des fonds pour éviter toute ambiguïté.
Pour l’instant, aucune enquête officielle n’a été engagée, mais cette polémique met en évidence la fragilité de la confiance dans les organisations humanitaires face aux défis modernes de transparence et d’engagement.