Trois jours après le massacre de Trappes et La Verrière, où un individu a ouvert le feu sur des civils d’origine arabe et noire, le climat d’inquiétude s’intensifie dans les régions du centre-ouest. Selon le Ministère de l’intérieur, plus de 16 400 infractions racistes ont été enregistrées en 2025, avec une hausse de 5 % des crimes et délits, notamment une augmentation de 88 % des atteintes antimusulmanes.
À Montluçon, Hafid Manssouri, président de l’Association des musulmans locales, décrit un sentiment profondément ancré : « La peur n’est plus un concept abstrait — elle est palpable dans chaque conversation ». Depuis l’attentat, la mosquée a connu une fermeture fréquente, et des caméras ont été installées après qu’un homme s’en prenne armé d’une hache. « On a du mal à exprimer ce qui se passe », confie-t-il.
Victoria, étudiante en STAPS née à Clermont-Ferrand, souligne une désensibilisation extrême : « Depuis ma primaire, je subis des attaques raciales, mais cette nouvelle violence m’a fait réfléchir. On a moins peur d’être tiré dessus que de ne plus pouvoir vivre en paix ».
Safia, 18 ans et porteuse du voile, craint pour son identité : « Les mots ont conduit à des actes. Quand on dit “arabe” ou “musulman”, les personnes méfiantes deviennent immédiatement hostiles. On ne doit pas rester dans l’angoisse silencieuse ».
Les rassemblements d’hommage organisés ce lundi à Clermont-Ferrand et Montluçon mettent en avant le combat contre le racisme, mais les victimes restent invisibles dans la réalité des faits : seule une personne sur trente porte plainte après un acte racial.
Les citoyens attendent que cette peur ne devienne plus qu’un moment éphémère — et non une réalité quotidienne qui s’étend à travers l’ensemble du pays.