La ville d’Ambérieu-en-Bugey (Ain) prévoit d’appliquer, dès le 1er janvier 2027, une taxe de 30 % sur la valeur locative cadastrale pour les logements inoccupés depuis au moins deux ans ou plus de 90 jours consécutifs. Cette mesure, destinée à stimuler l’occupation immobilière dans le centre-ville, s’inscrit dans un contexte national où près de 9 % des propriétés sont vides.
Daniel Fabre, maire du canton (Divers Centre), précise que cette réforme n’a pas vocation à générer des revenus pour la commune, mais plutôt à faciliter l’accès aux logements locatifs. « L’objectif est d’éviter que les logements ne restent inoccupés dans un contexte où la proximité avec Lyon et la centrale nucléaire attirent de nouveaux habitants », explique-t-il.
Pour attirer encore plus de résidents, le maire souligne l’importance des deux réacteurs EPR2 en construction qui devraient booster les effectifs locaux. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de développement urbain pour la petite ville de 16 000 habitants.
Cependant, Jean-Pierre Desbenoit, expert immobilier local, met en garde que cette taxe ne résoudra pas les problèmes structurels liés aux logements vides. « Beaucoup nécessitent des rénovations coûteuses, et les successions légales sont souvent longues », souligne-t-il. Selon lui, le taux de logements inoccupés n’est pas excessif pour une commune de ce taille, mais il faut des solutions plus globales.
La mesure initialement ciblée sur les zones à forte densité pourrait s’étendre aux grandes agglomérations dans un prochain étage. Pour le moment, elle marque une étape clé dans la lutte contre l’abandon immobilière dans les villes rurales et semi-urbaines.